Une large alliance composée des jeunes PLR, des jeunes UDC, du Parti Pirate, du PLR, de l’UDC, des Verts’libéraux, d’associations économiques, du Forum des consommateurs et de différents auteurs et libraires, combat par référendum la loi sur le prix unique du livre. La loi soumise en votation le 11 mars 2012 rate sa cible et cimente le cartel des principaux importateurs, souvent en mains étrangères, au détriment des consommateurs suisses.
La loi sur le prix unique du livre est, selon le comité interpartis, une solution trompeuse qui, au final, ne fera que renforcer un cartel ayant montré ces dernières années que son enrichissement lui importait plus que l’accès des Suisses à la culture et aux livres. En effet, les libraires et éditeurs ont jusqu’ici mis en avant essentiellement des intérêts culturels pour mieux cacher les bénéfices économiques que leur apporteraient le prix unique du livre. L’objectif culturel des partisans semble aujourd’hui bien illusoire, lorsque l’on sait que 80% des livres vendus en Suisse sont importés. L’importation des ouvrages est assurée par quelques sociétés étrangères qui disposent d’une exclusivité sur les catalogues des éditeurs et qui fixent les prix des livres tout en profitant du franc fort. Le prix unique du livre favorisera essentiellement ces grandes maisons d’édition étrangères, au détriment des consommateurs suisses. Aujourd’hui, la baisse du prix des livres est assurée par la possibilité qu’ont les libraires de faire des importations parallèles et celle qu’ont les lecteurs de se fournir à des prix avantageux sur internet. Or, le prix unique mettra fin à ces possibilités concrètes d’accès au livre à bon prix en profitant au cartel éditeurs-importateurs qui régnera en maître si la loi est acceptée.
Concernant le commerce en ligne, cette loi n’aura que peu d’effets contre des sites étrangers agissant en Suisse illégalement (sites pirates), alors que dans le même temps, les sites suisses seront tenus de la respecter le prix unique du livre. De plus, les livres électroniques échapperont expressément à la loi et pourront donc être proposés à des prix inférieurs défiant toute concurrence.
Les perdants de la loi sur le prix du livre seront les consommatrices et les consommateurs, les librairies, et le commerce en ligne des sites suisses. Ils seront tous soumis à la loi sur le prix unique, au maintien de prix fixes élevés, à une marge de manœuvre réduite ou tout simplement exclus du marché.
Le comité interpartis partage les doutes et les réserves formulés, ces dix dernières années, par le Conseil fédéral, la Commission de la concurrence, le Tribunal fédéral, et Monsieur Prix contre le prix unique du livre.
Le comité s’étonne par ailleurs que les partisans prétendent depuis peu à une baisse des prix grâce à la loi sur le prix unique. Est-ce ainsi que l’on veut défendre le livre comme objet culturel? Pourquoi la branche ne met-elle pas en œuvre d’elle-même une telle baisse des prix ? Cet argumentaire prouve les inquiétudes liées à cette loi du prix unique du livre; même les partisans de cette loi n’en sont plus convaincus.
Enfin, le comité est convaincu que le meilleur moyen d’encourager la lecture et la culture sont des livres bon marché. C’est pourquoi nous vous recommandons, chères citoyennes, chers citoyens, de voter clairement NON le 11 mars 2012.